Les Acteurs des restructurations  
 
Parce qu’elles constituent des périodes de bouleversement soudain et intensif, les restructurations font courir aux acteurs concernés des risques importants qui sont maintenant bien connus.
 
 
Elles mettent en cause la santé, l’estime de soi, le revenu et l’insertion sociale des salariés qui les subissent. Pour les territoires c’est la croissance, l’emploi, la cohésion sociale, l’organisation de l’espace et la qualité de vie qui sont en jeu. Pour les entreprises, la productivité, la rentabilité et, selon la taille ou les circonstances, la pérennité elle-même, sont en cause. A la croisée de ces risques opèrent un ensemble d’institutions et d’organisations – publiques, privées ou paritaires – en charge d’organiser les transitions professionnelles des salariés, que nous avons regroupés, faute de mieux, sous l’appellation « agences de transitions ».
 
 

L’importance des enjeux aiguise les tensions. Plus les marges de manœuvre sont étroites, plus les anticipations sont faibles, plus les affrontements sont probables.

 
Au regard des enjeux, l’existence de tels conflits n’est ni surprenant ni même problématique en soi. Conflictuels on non, ce qui pose problème dans les processus de restructurations ce sont les résultats, les rares évaluations réalisées ne laissant que très rarement percevoir qu’ils puissent être considérés comme bons.
 
Les méthodes d’évaluation elles-mêmes sont d’ailleurs balbutiantes et peu satisfaisantes. Un peu partout cependant, des mécanismes d’apprentissage et de capitalisation sont à l’œuvre.
 
En s’intéressant aux innovations produites par les acteurs en situation de restructuration, le projet MIRE s’est inscrit dans cette logique. Il permet de dégager un ensemble de constats et d’enseignements concernant la nature des problèmes rencontrés par chaque acteur et le sens des réponses élaborées. C’est ce qui est présenté dans les pages qui suivent.